Complotisme et fake news : quand les accusations sont lancées par les coupables

« La (sic) théorie du complot » n’existe pas, c’est un mythe. Par contre, la théorie de la théorie du complot, diffusée à longueur de journée par les médias aux ordres des dirigeants, vise – et souvent réussit – à discréditer tout opposant au système.

Éliminons rapidement le Club de ceux qui croient que la terre est plate, que le 11 septembre n’a jamais existé, que les militaires américains cachent des extra-terrestres, que des reptiliens ou des illuminati cherchent à dominer le monde, ou autre bêtise tout aussi farfelue. Il s’agit de décérébrés, qui prêtent à rire et ne cherchent d’ailleurs pas à fomenter quelque complot que ce soit.

Rappelons qu’un complot est une forme d’organisation et d’action secrètes, qui vise à prendre le pouvoir ou obtenir un avantage économique conséquent.

Or, l’Histoire n’est constituée que de complots : depuis l’assassinat de Jules César, jusqu’au coup d’Etat de Pinochet, en passant par le 18 Brumaire, de tout temps, en tout lieu, les hommes se sont regroupés afin de prendre la place d’autres hommes ou de s’enrichir.

Si l’on se place au sein du monde des entreprises, ceux qui dénoncent les exactions organisées des dirigeants[1] s’appellent des lanceurs d’alertes (whistleblowing). Les grands industriels connaissaient les effets du tabac, de l’amiante, etc. Les laboratoires pharmaceutiques et les multinationales de la santé savaient les conséquences du Médiator, de la Dépakine, des prothèses mammaires, du glyphosate, du chlolrdécone, etc. Ils ont tout fait pour empêcher et discréditer les « complotistes » que sont ces courageux lanceurs d’alertes.

Comment ne pas appeler complots les agissements des lobbys, qui ont porte ouverte à l’Assemblée nationale, au Parlement européen et à la Commission européenne (alors que les citoyens n’y entrent qu’au compte-gouttes) ?

Les décideurs économiques et les politiciens n’ont d’ailleurs même pas besoin de se rencontrer lors des réunions du groupe Bilderberg, celles du « Siècle », de Davos, etc. Des dîners en ville et quelques coups de fil suffisent pour coordonner leurs projets funestes. Quand, par exemple, il a été connu que Macron avait rencontré secrètement les principaux milliardaires français en 2007, qui ont exigé la suppression de l’ISF (ce qu’il a fait), aucun média n’a employé le mot de complot. Or, la marionnette Macron n’est que le résultat du complot des super-riches qui l’a mise au pouvoir.

Pour contrer les résistances, qui cherchent à s’organiser via les outils internet, les médias dominants (mainstream) ont inventé le concept de fake news. Eux seuls, les chiens de garde du capitalisme, détiendraient la vérité. Classiquement, les mots, les concepts et les positions ont été inversés.

Ce sont les politiciens eux-mêmes qui sont justement les grands maîtres des fake news : ils ont commencé par leurs promesses électorales, jamais tenues (« elles n’engagent que ceux qui y croient »), catalogues de mensonges. Arrivés au pouvoir, ils continuent dans la mauvaise foi, la manipulation de l’opinion et la propagande. Les gouvernements sont effectivement les plus gros pourvoyeurs de fake news : ne reconnaissant jamais aucune erreur, ils passent leur temps à affirmer que leurs politiques et mesures sont les meilleures possibles, alors que leurs dégâts sautent aux yeux.

Ainsi, en 558 premiers jours de présidence, Donald Trump a émis 4 229 tweets mensongers (source : Washington Post). Et Trump n’est pas une exception, même si ses homologues semblent moins excessifs dans la forme.

Entre la vérité (la plupart du temps tellement difficile à découvrir) et le mensonge, se trouve une zone grise où se développent les controverses, avant que le temps ne finisse inévitablement par les ranger d’un côté ou de l’autre. Là-aussi, si vous n’êtes pas dans le camp de la pensée unique et dominante et du politiquement correct, vous serez immédiatement ostracisé, sans appel. Ainsi, si vous vous vous demandez quelle est l’influence de la Franc-maçonnerie sur les décisions politiques et économiques, si vous préférez les vaccins sans aluminium, si vous craignez la multiplicité des ondes électromagnétiques, si vous demandez à la jeune « science » climatique d’améliorer ses marges d’incertitude (questionner la thèse du réchauffement climatique est totalement tabou), si vous pensez que la diaspora juive est bien organisée, si vous avez été guéri un jour par homéopathie, … alors, malheur à vous ! Vous n’aurez pas droit à des débats argumentés, bien organisés, ouverts d’esprit et nuancés, qui vous auraient permis de reconnaitre vos éventuelles erreurs, mais votre front sera marqué au fer rouge avec le mot « complotiste ».

Mais le plus grand complot mondial est bien celui du néolibéralisme lui-même, où les hyper- capitalistes milliardaires rendent les politiciens débiteurs en finançant leurs campagnes électorales, afin que ceux-ci conduisent ensuite leurs politiques ultralibérales. Ils achètent également les médias (90 % des médias français sont détenus par 9 milliardaires), évidemment pas pour faire du profit, mais afin d’y diffuser leur pensée unique : « il n’y a pas d’alternative au capitalisme ». Pour tenter de justifier cette idéologie, ils s’efforcent de nous vendre la théorie du ruissellement, dont il a été scientifiquement prouvé qu’il s’agit d’une escroquerie intellectuelle. Fake news, fake news à tir tendu.

Essayez par exemple de démontrer, avec moult arguments, que nous ne sommes pas en démocratie, mais dans un régime oligarchique (et ploutocratique), où un petit nombre – les hyper-riches – décide à la place peuple, grâce au système des élections[2], et vous vous ferez immédiatement traiter de complotiste.

Insultes, mépris et baillons pour tous ceux qui se refusent à gober la propagande des dominants.  Nous avons basculé dans le monde d’Orwell (« La guerre, c’est la paix ; la liberté, c’est l’esclavage »). Ils ont la maîtrise du vocabulaire, le quasi-monopole du discours et une puissance de nuisance et de dénigrement incomparable.

Résistons.

[1] J’ai dressé un petit échantillon représentatif des exactions des industriels dans « La liste noire des multinationales », chez L’Harmattan (2013)

[2] Lire « La Constitution idéale », chez Edilivre (2012)

Pourquoi les Juifs ?

Quand ma fille m’a demandé pourquoi les juifs ont été persécutés, je lui ai répondu ce qui suit.

Le terme « juif », qui vient du mot latin judaeus, renvoie d’abord à une origine géographique (Jérusalem et les montagnes de Judée), à un cadre politique (le royaume de Judée), puis à une religion, le judaïsme, ainsi qu’à une langue, l’hébreu.

Il s’agit au départ d’un peuple, le peuple hébreu, issu des israélites, qui ont vécu dans la région du Croissant fertile et la côte Est de la Méditerranée et qui commence à se développer au début de l’âge de fer.

Ce peuple se structure fortement autour de sa religion, le judaïsme : monothéisme – qui s’opposera vivement au paganisme et aux religions polythéistes (égyptienne, grecque, romaine, …) : respect strict des textes sacrés de la Torah, coutumes et rites religieux forts (vestimentaires, coiffure, interdits alimentaires, circoncision, sabbat, symboles, …) transmis efficacement de générations en générations, prosélytisme (comme le christianisme à ses débuts).

C’est donc essentiellement par leur religion (au-delà des innombrables conflits de nature économique et tensions communautaires que connaît en permanence la région méditerranéenne) que les Juifs s’opposent aux autres populations et refusent de se laisser pénétrer par leurs influences (contrairement aux romains et autres peuples qui se convertiront en masse au christianisme) : « Nous sommes le peuple élu et éternel».

La gloire et la puissance d’Israël et de son Temple attiraient l’admiration mais aussi la jalousie des peuples du Moyen Orient.

L’histoire des Juifs est remplie d’invasions, de persécutions et d’exils. Ainsi, dès le Vème siècle avant J.C., les Babyloniens conquièrent les royaumes juifs et contraignent ceux-ci à l’exil. Ce fût ensuite le tour des Grecs vers la moitié du IIIème siècle avant J.C. Enfin, les Romains s’assurent le contrôle de ce qu’ils appellent la « Palestine », dès le premier siècle avant J.C. Sous leur occupation, des tendances anti-judaïques se manifestent parmi les populations romaines ou grecques, qui reprochent souvent aux Juifs leur résistance et leur insoumission (politique, économique et religieuse).

Les violences généralisées contre les Juifs apparaissent donc sous cette domination romaine. Les Juifs d’Alexandrie réclament auprès des autorités romaines le droit de cité auquel les Grecs alexandrins s’opposent. Les tensions communautaires dégénèrent, la communauté juive est l’objet de persécutions et la ville est le théâtre d’une crise interethnique qui se traduit par de violentes émeutes contre les Juifs, que l’on qualifierait aujourd’hui de « pogroms ». Les affrontements intercommunautaires deviennent monnaie courante.

Les Romains conquièrent Israël et Jérusalem en 63 après. J.C., ce qui entraîne l’envoi en esclavage de nombreux prisonniers Juifs à Rome (dont beaucoup seront ensuite affranchis), élément fondateur de la diaspora juive en Occident.

Les Juifs se révoltent en 67, mais la rébellion est matée et les Romains détruisent le deuxième Temple de Jérusalem puis rasent le pays.

Avec la destruction du Temple et de leur pays, les Juifs doivent se disperser dans l’ensemble du monde antique. Le mythe du « peuple errant » commence.

Parce qu’elles sont toutes deux prosélytes, les deux religions chrétienne et juive sont en concurrence et s’opposent. Avec la conversion des empereurs romains au christianisme, le judaïsme devient un opposant minoritaire mais irréductible. Pour les chrétiens, les juifs, qui n’admettent pas Jésus comme le Messie, sont un peuple déicide, « ennemi de tous les hommes ».

La diaspora est presque partout accompagnée d’un antisémitisme qui se développe parmi les populations autochtones des pays d’immigration des Juifs. Les Juifs sont victimes de multiples discriminations.

Tout au long de l’Histoire, l’antisémitisme prendra des formes diverses et mouvantes, mais se caractérisant toujours par la discrimination, la haine, la peur et l’hostilité manifestées à l’encontre des Juifs en tant que groupe ethnique, religieux, national ou racial.

La minorité juive était souvent considérée comme un élément étranger, ne cherchant pas à s’intégrer, cultivant sa différence, sur lequel se focalisaient les haines et l’hostilité. Les conditions de  vie des Juifs étant souvent misérables, leur souffrance culpabilisait les populations locales, ce qui entraînait  son rejet, son  isolement, et sa dégradation. La pulsion de haine qui se traduit par la persécution du faible, incapable de se défendre, a enraciné dans la mentalité  des populations indigènes  que les Juifs étaient néfastes, impurs, et souillant le lieu où ils se trouvaient. C’est ainsi que les minorités juives sont devenues les souffre-douleur et les boucs émissaires des populations. On les accusait de tous les maux qui s’abattaient sur une population  d’une contrée dans le monde : lorsque l’économie d’un pays était malade, les Juifs étaient désignés comme la cause de sa ruine. Quand un enfant disparaissait, les Juifs étaient accusés d’assassinat (les prétendus meurtres rituels ont été la cause des massacres de villages juifs pendant les périodes de Pâques). Ils furent même accusés d’avoir apporté la peste noire ! Toutes ces accusations renforçaient la haine à l’égard des Juifs. Ces derniers sont devenus objet de phobie, ce qui intensifiait le sentiment de rejet à leur égard.

Quant au monde chrétien, un judaïsme florissant lui posait un problème insoluble quant à la véracité de sa doctrine. Les autorités chrétiennes, en réponse à la menace que faisait peser le judaïsme sur leur dogme, entreprirent une véritable action subversive pour effrayer les populations, présentant les Juifs comme des dominateurs qui veulent gouverner le monde, en déstabilisant les institutions, en  monopolisant le commerce, en spoliant les pauvres. L’Église fabrique même de faux documents comme « les protocoles des anciens de Sion » pour étayer sa thèse. Toute atteinte aux Juifs fut considérée comme une bonne action par l’Église. En conséquence, les Juifs furent brûlés par l’Inquisition, pour avoir refusé d’abjurer leur religion, massacrés dans les pogroms (en 1096, les Juifs de Spire, Worms, Mayence et Cologne en Allemagne furent exterminés lors du départ de la croisade : ce furent les premiers pogroms), parqués dans des ghettos, spoliés, pourchassés  partout en Europe (le roi Philippe-le-Bel expulsa les Juifs de France en 1306, en n’oubliant pas de confisquer leurs biens) et dans le monde.

Les Juifs furent accusés de transmettre les épidémies de peste : ils sont envoyés au bûcher à Carcassonne, à Narbonne. En 1259, Louis IX impose aux Juifs le port d’une rouelle jaune. En Alsace, en 1349, près de 3 000 Juifs sont brûlés en public, à Chinon, ils sont jetés dans la Vienne. En 1492, les Juifs sont chassés d’Espagne.

De plus, le judaïsme permettant l’usure, qui était originellement (et théoriquement…) interdite aux chrétiens, le Juif deviendra progressivement « l’usurier », et toute personne vivant dans la pauvreté, pourra l’identifier à son malheur et y voir l’incarnation du péché.

En plus de ses origines religieuses, l’antisémitisme fût culturel (accusation des Juifs de corrompre une culture et de vouloir la supplanter par une culture juive grossière et uniforme), économique (accusation de cupidité et d’enrichissement aux dépens des non-Juifs en contrôlant le monde des finances et des affaires), politique (hostilité envers les Juifs fondée sur leur supposée volonté de s’emparer du pouvoir et de dominer le monde au travers d’un « complot international »), racial (haine des Juifs en tant que groupe « racial » ou ethnique inférieur).

La mentalité des masses a été imprégnée par cette propagande haineuse durant des siècles.

La 2ème partie du 19ème siècle connaîtra un regain d’antisémitisme en Europe, qui atteindra son apogée avec l’affaire Dreyfus en France.

Malgré des conditions de vie très difficiles, les souffrances et les persécutions, la puissance spirituelle de la tradition juive, leur identité, leur solidarité (les liens de leur diaspora), fortifièrent  les Juifs dans leurs convictions et leur détermination à assurer leur pérennité à travers les âges, coûte que coûte.  Cette ténacité contribua d’ailleurs encore un peu plus à  exacerber la haine à leur égard.

En réponse à cette haine, les Juifs ont su développer des moyens de défenses via leur goût pour l’éducation et dans le fait de vouloir exceller. Beaucoup d’entre eux ont contribué au développement du commerce international, de la banque et de la finance, se sont distingués dans les sciences, la médecine, la recherche, les arts et bien d’autres disciplines. Cette réponse a encore cristallisé leurs ennemis dans leur haine et jalousie structurelles.

Le nazisme, alimenté par la folie sanguinaire de ses dirigeants, n’a eu qu’à raviver cet antisémitisme ancien (les Juifs, boucs émissaires, étaient jugés responsables de la défaite de 1918, de la crise économique de 1929, d’accaparement de richesses) en y ajoutant un « racisme biologique » (concept de race parasite inférieure, de purification ethnique : des tziganes, des homosexuels, des handicapés furent également massacrés), pour mettre en œuvre, à l’appui d’une propagande massive et d’un système industriel bureaucratique déresponsabilisant ses acteurs, l’extermination d’environ 6 millions d’entre eux (et ce, dans le silence de l’Église catholique…). Le stalinisme fût également un persécuteur des Juifs à très grande échelle.

La création de l’État d’Israël en 1948, seul État au monde où 75 % de la population est juive, eut pour conséquence de chasser de leurs terres 800 000 Arabes palestiniens (épisode dit de la nakba).

Depuis ce jour, le conflit israélo-palestinien fait des milliers de victimes chaque année. Avec le sionisme (idéologie politique nationaliste fondée sur un sentiment national juif), avec l’attitude du gouvernement actuel d’Israël (à tendance droitière voire extrême-droitière) en matière de colonisation des territoires et de politique identitaire essentialiste et ethnocentriste du judaïsme, cette guerre permanente, du fort (Israël) contre le faible (les Palestiniens), contribue à exacerber les tensions antisémites et au regain de l’islamisme djihadiste.

Du fait de ce passé de persécutions mais surtout de l’extermination des Juifs d’Europe par les nazis, l’État d’Israël bénéficie d’une totale impunité, toute critique et toute position antisioniste étant assimilées à de l’antisémitisme. Combien de temps encore et combien de sang versé faudra-t-il pour qu’invoquer l’antisémitisme séculaire et l’extermination nazie qu’ont subis les Juifs, ne soit plus une raison pour prétendre que les Juifs sont « à part »?

Vive la retraite !

Il n’y a pas de problème des retraites. Le système de retraites par répartition, basé sur la cotisation sociale (le salaire socialisé), est au contraire la solution aux graves dangers de la privatisation et de la marchandisation des biens publics, et du dictat que font peser les employeurs, les actionnaires et les spéculateurs sur nos conditions de vies.

Le système de retraite par cotisation sociale est une réussite à consolider et qu’il faudrait d’ailleurs étendre à d’autres secteurs (comme celui de l’investissement). La retraite constitue un salaire continué, et forme, avec la fonction publique, les bases du formidable concept de « salaire à vie » (rien à voir avec le revenu de base), proposé par Bernard Friot. Le succès du système par répartition à base de cotisation sociale (90 % des dépenses de retraite en Europe contre 10 % pour la capitalisation) prouve que l’on peut financer les retraites sans accumulation financière préalable.

Il n’y a aucun empêchement financier à consolider et à étendre un tel système. En 2010, les retraites représentaient environ 13 % du PIB (de l’ordre de 260 milliards d’euros). En 2050, grâce aux gains de productivité habituels et à la croissance (hypothèse de 1,7 % par an prise par le Conseil d’Orientation des Retraites lui-même), le PIB aura doublé (4 000 milliards d’euros) et les dépenses de retraite devraient représenter 720 milliards d’euros, soit seulement 18 % du PIB. L’ « effort » (passer de 13 % du PIB à 18 %, donc + 5 % en 40 ans) est tout à fait réalisable, d’autant que nous avons déjà fait mieux : nous sommes passés de 5 % du PIB en 1970 à 13 % (+ 8 % sur la même période de temps). Il n’y a pas de problème économique et pas de problème de générations (le rapport nombre de retraités / nombre d’actifs n’a absolument aucun sens), contrairement à ce que ressasse la propagande néolibérale.

Nous pourrions même décider de consacrer de l’ordre de 21 % du PIB aux retraites : nous rétablirions ainsi un âge de départ à 60 ans (l’espérance de vie en bonne santé commence à reculer), avec une limite bien inférieure pour les travaux pénibles, une prise en compte du dernier salaire (et non des 25 meilleures années) pour aboutir à un taux de remplacement de 75 %, de meilleures pensions de reversion, etc. Bref, revenir aux conditions antérieures et aux principes d’égalité et de justice sociale promus notamment par le Conseil National de la Résistance.

Pour le financement, il ne s’agit pas d’aller chercher du côté de l’impôt. Nul besoin d’évoquer ici la nécessaire mise en place d’une imposition sur les revenus véritablement progressive (cf. travaux de Thomas Piketty), ni la chasse à l’évasion et la fraude fiscales (manque à gagner de l’ordre de 80 milliards d’euros chaque année, soit le tiers des dépenses de retraite !), que le gouvernement se refuse à pratiquer. Il suffira d’augmenter (enfin !) les cotisations patronales, dont l’évolution a été malheureusement interrompue depuis trop longtemps (par le gouvernement Rocard).

En outre, les pensions devront être plafonnées : si les retraités ne sont pas « productifs », comme le prétend le discours néolibéral, pourquoi certains devraient toucher, « pour ne rien faire », jusqu’à 20 fois plus que d’autres ? A cet égard, un système de retraite à points, que promeut le gouvernement, qui fait que les plus riches toucheront les retraites les plus élevées, doit être absolument proscrit.

Inutile, enfin, d’évoquer ici l’arnaque totale que constituent les formules à capitalisation, qui nous forceraient à miser nos fins de vie sur les tapis verts des casinos boursiers.

Contrairement à ce que prétend le discours néolibéral où le « travail » n’existe que s’il y a « emploi », les retraités ne sont pas des inactifs et encore moins une charge pour la société. Les retraités travaillent véritablement : ils sont les plus actifs dans les milliers d’associations, au sein de millions de bénévoles qui œuvrent pour le bien commun, ils participent activement à la vie politique locale, aident leurs enfants, leurs familles et s’occupent de leurs petits-enfants. Les retraités sont heureux (retraite se dit jubilacion en espagnol) de faire ce travail car ils pilotent eux-mêmes l’agenda d’activités qu’ils ont choisies, sans dépendre du bon vouloir d’un employeur ou des cours de la Bourse. Ils préfigurent ainsi, ce que pourrait être une société idéale, basée sur la qualification des personnes (à l’instar de la fonction publique) et non plus sur celle des postes de travail.

Mais le système capitaliste a simplement décidé que ces activités ne créent pas de valeur économique parce qu’elles ne correspondent pas à un emploi défini par le « marché du travail ». Idem pour le travail fourni par les « femmes-au-foyer », qui ne perçoivent donc pas de retraite (ou une maigre subsistance pour autant qu’elles aient la chance de devenir veuves et qu’elles soient pauvres).

Les femmes, structurellement et scandaleusement sous-payées, ainsi que les millions de précaires à temps partiel (dont les « carrières » à trous alternent CDD, chômage et maladie) que génère le capitalisme, finiront leurs vies dans la pauvreté voire la misère, au sein du 5ème pays le plus riche du monde, si nous laissons passer le projet délétère du gouvernement.

Le choix d’un système de retraites est un choix de société. Nous voulons une société juste, avec une répartition équitable des richesses et des inégalités de revenus réduites (échelle de 1 à 4), une société qui ne soit pas gouvernée par les spéculateurs, les aléas des marchés financiers et les 1 % les plus riches d’entre-nous.

Nos courageux anciens (depuis les premiers syndicalistes, en passant par le Front Populaire, jusqu’au CNR), ont réussi à mettre en place des outils socio-économiques exceptionnels, dont le système de retraite par répartition basé sur la cotisation sociale est un des fleurons. Notre mission est de maintenir, de consolider, d’étendre et de prolonger ces formidables avancées, acquises par la lutte et le sang. Là réside la véritable action révolutionnaire.

Philippe Laget – 21 Décembre 2018

(inspiré des travaux de Bernard Friot)

 

Cauchemar

Tout avait commencé avec la deuxième phase du capitalisme mondial, à la fin du XXème siècle. Au capitalisme industriel originel (basé sur les inventions techniques, l’esclavage, l’exploitation des colonies et des ressources naturelles, puis les reconstructions d’après-guerres), créateur de secteurs marchands, de méga-entreprises, d’emplois peu qualifiés et de richesses inégalement partagées, avait succédé le capitalisme financier international, assis sur la spéculation, la création de bulles de marché, le chômage de masse, la fraude fiscale, la spoliation et l’éviction des classes défavorisées, puis des classes moyennes et enfin d’environ 99 % de la population. La classe dirigeante, formée de banquiers, de responsables de fonds spéculatifs, de patrons de multinationales et de leurs cadres supérieurs, soit à peu près 1 % de la population mondiale, finançait les campagnes électorales des politiciens, les transformant ainsi en marionnettes débitrices, faciles à manipuler. Des mascarades de débats électoraux étaient organisés, faisant s’affronter des pseudo-partis politiques sur des thématiques sociétales (liées aux débuts et fins de vie, au sexe et à la vie familiale, aux migrants), distrayant les électeurs des questions de fond : création et souveraineté monétaires, propriété de l’outil de production, répartition des richesses, pouvoir du peuple.

Sur le modèle économique, il ne pouvait y avoir de débat, puisque les médias privés étaient passés aux mains de cette oligarchie (une quinzaine de milliardaires contrôlaient l’ensemble des médias dans tous les pays) et que les médias publics avaient été privatisés les uns après les autres, en commençant d’abord par être contrôlés par leurs annonceurs publicitaires. En moins d’un demi-siècle, ces médias avaient réussi à mettre dans la tête des gens qu’il n’y avait pas d’alternative, et aux rares opposants qui osaient faire remarquer que la pauvreté et les inégalités explosaient, ils répondaient que c’était parce que l’économie n’était justement pas encore assez libéralisée. Les politiciens qui se succédaient menaient tous la même politique, qui leur était dictée : privatisations, casse des services publics et suppression des transferts sociaux (allant de pair avec l’abolition de l’imposition des riches), écrasement des salaires, dérèglementation du travail et précarisation des travailleurs, endettement des États au profit des banques.

Vers 2070, les taux de pauvreté dans les pays occidentaux dépassaient les 60 %, chiffres vraisemblablement jamais connus dans l’histoire de l’humanité, même aux temps anciens des monarchies et des systèmes féodaux.Mais vers cette époque, les oligarques jugèrent que les choses n’allaient pas encore assez vite et que leurs politiciens tardaient à mettre en place efficacement ce qu’ils appelaient les « réformes » (ce mot désignait toute mesure publique allant dans le sens de l’enrichissement des riches, de l’appauvrissement des pauvres, et de l’accroissement des inégalités). Ils décidèrent donc de se passer de cette classe inutile et de prendre directement en main les affaires publiques. C’est ainsi qu’après quelques péripéties, une dizaine de multinationales prirent le contrôle des cinq Grandes Fédérations de pays : Europe, Afrique, Amérique du Nord, Asie-Océanie et Amérique du Sud. Ces hyper-entreprises mondialisées étaient issues d’une demi-douzaine de secteurs économiques : finance, armement, énergie, déchets, eau, agro-alimentaire.

Les Fédérations étaient donc dirigées par des Comités Exécutifs où siégeaient les représentants de ces multinationales. Avec des rapports de force différenciés entre secteurs, selon les continents. En Europe et Amérique du Nord, par exemple, la finance possédait la majorité des sièges. Les administrations traditionnelles avaient étaient supprimées, les questions collectives étant traitées par des sociétés privées spécialisées, qui recevaient leurs ordres directement du Comité Exécutif. Celui-ci dirigeait l’armée et la police, suréquipées et entraînées avec soin, ainsi que les services de renseignements dont les agents s’appelaient « les Surveillants ».

Au bout de quelques décennies, l’économie s’était effondrée, du fait de la disparition de la demande (pauvreté généralisée) et de la destruction des ressources naturelles.

Les membres des Comités Exécutifs, les responsables des services et des forces de l’ordre, formaient, avec leurs familles, une petite élite, qui vivait dans des quartiers protégés dont l’accès restait totalement interdit à la population. Seuls, quelques esclaves, soigneusement triés, bénéficiaient de la « chance » de les servir. Le reste de l’humanité, rendue inutile, s’efforçait de survivre, entassée dans des ghettos insalubres et laissés à l’abandon.

C’est au sein de l’un d’eux, vraisemblablement le plus sale, nommé la Zone Nord, depuis le troisième sous-sol d’un immeuble dévasté, que j’écris ces lignes, à la lueur d’une bougie (nous n’avons plus accès à aucun réseau d’énergie depuis une quinzaine d’années maintenant). Comme la plupart de mes congénères, mes journées sont essentiellement occupées à chercher de la nourriture. N’importe quelle protéine, sous n’importe quelle forme, fait l’affaire. Heureusement, les rats pullulent et si l’on sait correctement les faire cuire, on ne vomit pas à chaque fois. Mais je ne me suis pas encore essayé au cannibalisme, pourtant très répandu.

Ma femme fut capturée, il y a quelques années, pour servir de bonniche à l’un des Hauts-Colonels de l’armée, et sans doute à d’autres usages que je me refuse difficilement à imaginer. Mon fils de cinq ans me fut aussi enlevé, je ne sais pour quelles tâches.La semaine dernière, je me suis rapproché d’un peu trop près du Grand Mur, qui sépare hermétiquement la Zone Nord du quartier des dirigeants. Depuis les miradors, les gardes ont immédiatement tiré et une balle a traversé ma cuisse. Je crois que la plaie est en train de s’infecter. J’entends du vacarme et qu’on hurle des ordres. Les Surveillants et leurs caméras savent bien sûr où je me terre. Ça se rapproche. Ils viennent pour moi. Vais-je avoir la chance de devenir esclave (mon corps et mes muscles sont encore solides) ? Ou vont-ils me supprimer immédiatement ? Ou bien vais-je être torturé pour le plaisir de quelque dignitaire ? La porte de bois vermoulu vole en éclats. Je ….

Changement climatique : ce que je sais

En matière climatique, ce que je sais c’est que je ne sais rien. Ou pas grand-chose. Je n’ai rien appris durant mes études sur ce sujet (je suis ingénieur en Mathématiques Appliquées). Mes sources d’information, comme n’importe quel citoyen, se limitent à la lecture de quelques études de spécialistes qui se prétendent experts en climatologie (je n’ai aucun moyen de vérifier le degré de leur expertise), et aux médias qui tentent de vulgariser certaines de ces études. Ces travaux font souvent appel à des calculs sophistiqués que je n’ai pas les moyens ni le temps de vérifier.

Je sais que des scientifiques prétendent avoir démontré qu’il y a un réchauffement climatique global, que sa cause est essentiellement anthropique, et que ses conséquences sont dommageables pour l’homme. Je sais qu’il y a d’autres spécialistes, que les médias appellent climato-sceptiques (certains d’entre eux préfèrent se nommer climato-réalistes), qui disent que c’est faux, et que les causes des perturbations sont surtout naturelles (activité solaire, désynchronisation des champs magnétiques du soleil, modification de l’axe magnétique de la terre, effets des nuages et de la vapeur d’eau, éruptions volcaniques, …)[1].

Je n’ai personnellement aucun moyen de départager les uns des autres. Les médias me disent que les premiers forment la grande majorité et font souvent référence aux experts du GIEC[2]. Mais je sais qu’en matière de sciences, le nombre et le consensus ne font pas vérité (Galilée était seul contre tous les scientifiques de l’époque qui prétendaient que la terre était plate).

Ce que je sais, c’est qu’il y a assez peu d’experts sur ce sujet complexe. Il faut de très nombreuses années d’études et de recherches sur le terrain, la maîtrise de la modélisation mathématique et des calculs statistiques, pour prétendre aux titres universitaires de climatologue. En France, par exemple, on ne peut les compter que sur les doigts des deux mains. Je sais que le nombre de journalistes scientifiques est également très faible et que ces sujets sont souvent traités par des journalistes généralistes (aux moyens d’investigation réduits) ou ceux affectés aux questions d’écologie, qui sont d’une très grande diversité.

Je sais que la climatologie est une science jeune (contrairement à l’astronomie par exemple). J’en déduis donc que les études et modélisation sont forcément empreintes de forts taux d’incertitude. Mais la science progresse et je sais qu’avec le temps les résultats seront de plus en plus fiables. Et je sais que le doute est la base de la méthode scientifique.

Je sais au moins une chose : que « le » climat, cela n’existe pas. Il y a des centaines de climats sur la terre (sans compter ceux des mers et océans, qui recouvrent les 2/3 de la surface du globe), extrêmement différents les uns des autres. Rien que pour mon petit pays qu’est la France (un confetti sur une mappemonde), j’ai appris en classe de 4ème qu’elle comporte 8 climats (climat des montagnes, climat semi-continental, climat océanique franc, climat océanique dégradé, climat océanique altéré, climat méditerranéen franc, climat méditerranéen altéré, climat du bassin du sud-ouest). Le département où je réside, l’Ardèche, est traversé par 3 « sous-climats ». Ces climats ont des caractéristiques très différentes, sans compter les innombrables microclimats : il suffit de séjourner sur l’île de Ré, ou à Biarritz, ou sur le plateau Ardéchois, … pour constater des différences avec le climat de zones situées seulement 50 km plus loin.

Je sais que les climats sont des systèmes chaotiques, à très forte variabilité ; la caractéristique principale des climats est de changer tout le temps, selon différents « cycles » d’amplitude séculaire ou millénaire et très complexes. Toute prévision à long terme qui se prétendrait fiable serait une supercherie. Beaucoup de régions de la planète se sont refroidies, puis réchauffée, humidifiées, puis asséchées, etc .. à de nombreuses reprises. Il n’y avait pas de glace dans les Alpes du temps des romains, le Groenland fût « green », on a connu un « optimum médiéval », un « petit âge glaciaire », etc.

Je sais également que les climats ne peuvent se réduire au seul paramètre de la température, erreur commise pourtant systématiquement par les médias et beaucoup d’études. De multiples combinaisons de variables forment les climats : la position géographique (latitude, longitude, altitude) sur le globe, la pression atmosphérique, l’hygrométrie, la pluviosité, l’ensoleillement, les vents, les courants marins, la proximité de montagnes, la couverture nuageuse et bien d’autres facteurs encore.

Même si on ne se focalise que sur le seul paramètre température, je sais que celui-ci est d’une variabilité énorme. Sur chaque point du globe, il est fréquent de constater une différence de l’ordre de 20 °C entre le jour et la nuit[3]. De plusieurs degrés entre le matin et l’après-midi (par une belle journée printanière, la température peut monter de 0,4°C chaque quart d’heure). De plusieurs degrés selon que l’on est au soleil ou à l’ombre. De plusieurs degrés d’un jour à l’autre à la même heure au même endroit. De dizaines de degrés d’une saison à l’autre. De plusieurs degrés d’une année à l’autre à la même date. De plusieurs degrés à quelques kilomètres de distance : durant la canicule de 2003, Paris a enregistré des écarts de température le même jour à la même heure allant jusqu’à 6 °C entre ses quartiers Nord-est (effet d’îlot de chaleur urbain) et le bois de Vincennes (rafraîchi par ses arbres). Je sais que la température diminue d’environ 1°C à chaque 100 mètres de dénivelé. En été, l’écart moyen de température entre le Nord et le Sud de la France est de l’ordre de 7°C[4]. Et ainsi de suite …

C’est essentiellement le soleil qui « fait » la température[5].

La température est certainement, de tous les paramètres physiques de la géographie du globe, celui qui présente le plus de variabilité.

Compte tenu de cette caractéristique forte, calculer une moyenne des températures (en tout point du globe) n’a aucune signification physique ou statistique.

D’abord, la température est une grandeur dite « intensive », ce qui signifie que la sommer ou la moyenner n’a aucun sens physique.

Ensuite, un élève de classe de 3ème sait déjà qu’une moyenne en général ne donne aucune indication sur une population et que, pour tirer des analyses pertinentes, il faut observer la totalité de la courbe de distribution (sur laquelle on peut dessiner, à titre de repères, la moyenne, la médiane, l’écart type, les déciles, etc..). Le même élève comprend le raisonnement suivant : supposons, pour simplifier, que la terre soit partagée en seulement 2 climats : un climat polaire où il ferait – 40 °C et un climat saharien où il ferait +40°C ; la température « moyenne » de la terre serait alors de 0°C. On voit bien que ce nombre ne renseigne sur rien, il n’est même pas représentatif car aucune zone de la terre n’enregistrerait cette température.

Si la moyenne n’a aucun sens, l’évolution de la moyenne dans le temps n’en a pas plus. Ce qui n’empêche pas les médias, les personnalités publiques[6] (non spécialistes, ils confondent généralement climat et météo[7], ainsi que CO2 et pollution de l’air par particules, ce qui est un vrai problème grave), certaines associations environnementalistes (dont le climat est le fonds de commerce et l’origine de leurs subventions), les politiciens (rois du conformisme intellectuel) et les bobos parisiens (qui nous enjoignent à aller travailler en trottinette et à devenir vegan…), … de s’égosiller sur une limite absolue d’augmentation de cette moyenne à 3°C, ou à 2°C, voire à 1,5 °C.

Par ailleurs, pourquoi faudrait-il que la température soit figée aujourd’hui, en 2018 ? Aurait-on atteint un optimum idéal ? Il fait très froid dans beaucoup de régions, et trop chaud dans beaucoup d’autres. Moi qui suis frileux, j’aimerais bien une augmentation de la température moyenne de la France (environ 15°C). Et si les climats de la France s’approchaient des climats de l’Espagne, où serait le mal ? Et si Lille devenait une destination touristique, comme le Maghreb aujourd’hui, où serait le mal ? Et si les anglais devenaient viticulteurs, où serait le mal ? Et si les agricultures russes, canadiennes ou scandinaves se développaient, où serait le mal ?

Quelle prétention, quelle stupidité à vouloir que l’homme décide que les températures de la planète ne doivent plus jamais changer !

Autre sujet d’interrogation : lorsqu’on entend parler d’augmentation de 0,7°C de cette fameuse température moyenne depuis l’ère préindustrielle, comment ne pas s’interroger sur la précision des mesures ? Lorsque j’ai étudié les statistiques, j’ai appris qu’il faut toujours donner le degré d’incertitude de ses calculs.  Ce dont se gardent bien les médias. Pour que les mesures soient comparables dans le temps, il faut s’assurer que les outils de mesures et les points de collecte tout autour de la planète n’ont absolument pas changé (pour autant qu’ils soient parfaitement également répartis à la surface du globe). Or, certaines mesures ont été effectuées par des thermomètres plongés dans les mers, mais de façon différente dans le temps – nous apprend le GIEC – ce qui expliquerait de grosses différences de résultats. Les capteurs restent-ils toujours et partout à l’abri du vent et à l’ombre ? D’autres mesures proviennent d’observations par satellites, méthode totalement différente. Ni vous ni moi n’avons l’absolue garantie que les protocoles n’ont pas varié.

Il faut avoir l’humilité d’admettre que l’absence de données d’observations sur des périodes suffisamment longues et avec les mêmes protocoles de mesure rend la compréhension de ces processus très difficile.

Bref, devant la complexité du sujet et la relative imprécision de nos mesures, on ne peut que prôner la prudence.

Pourquoi alors la quasi-totalité des médias sont-ils alarmistes, en ayant opté pour la thèse du réchauffement anthropique catastrophique ? Ce que je sais, c’est que le catastrophisme fait vendre.

Ce que je sais également, c’est que ces médias sont tous détenus par une poignée de milliardaires capitalistes, patrons de transnationales et magnats de l’industrie, gros pollueurs et émetteurs de gaz à effet de serre (près de 80 % des émissions sont le fait d’une centaine de multinationales, essentiellement chinoises et nord-américaines). Leurs chiens de garde devraient alors au contraire nier tout changement climatique d’origine anthropique (c’est d’ailleurs plus le cas aux USA). Mais le paradoxe n’est qu’apparent, car on s’aperçoit vite que ces médias cherchent en fait à culpabiliser le citoyen lambda (« chaque-geste-compte ») en lui demandant de changer son mode de vie, alors qu’il n’en a absolument pas la possibilité ni les moyens (absence d’alternatives réelles moins coûteuses). Rien ne se passera donc, rien ne changera, ce qui est voulu, (hypocrisie totale des Accords de Paris, non contraignants, et des multiples COP, grand-messes de la palabre hors-sol) et les capitalistes pourront continuer de polluer sans entraves, les Etats ayant abandonné depuis belle lurette tout outil de coercition sur les multinationales, maîtres du monde.

Et quand on demande à la jeunesse de « marcher-pour-le-climat » (sic !), c’est pour qu’elle ne pense pas à faire la révolution.

Les médias nous demandent de « croire » au changement climatique anthropique, comme s’il s’agissait d’une religion. Après tout, les classes dominantes ne nous ont-elles pas forcés, durant des siècles, à croire en Dieu ? Ce sont les mêmes médias qui nous répètent en permanence qu’il n’y a pas d’alternative au système capitaliste et que la théorie du ruissellement (qui est une imposture intellectuelle) va finir par fonctionner. Personnellement, je suis athée et j’ai développé une méfiance critique envers les grands médias, mus par des objectifs commerciaux, avides de faits divers et de sensationnalisme, et non indépendants.

Je n’en sais donc pas plus que vous en matière climatique, domaine immature, d’une extraordinaire complexité, compte tenu du grand nombre de paramètres à très forte variabilité. Mais mon éducation scientifique m’autorise à proposer quelques clés : user de grande prudence, recourir en permanence au doute – moteur essentiel de la démarche scientifique -, se tenir à l’écart de l’hystérie médiatique, faire approfondir ces questions en demandant des moyens suffisants pour les recherches des climatologues, connaître et faire publier les imprécisions et incertitudes des calculs, inciter à l’instauration de véritables débats scientifiques contradictoires, dénués de toute idéologie et de moralisation des positions.

Et surtout, savoir positionner, en termes d’importance et de priorités, cette question climatique par rapport à beaucoup d’autres, également non encore résolues à ce jour : les progressions de la faim dans le monde, de la pauvreté, des inégalités, du chômage, des dégradations de la nature, des violences et de la souffrance de milliards d’êtres humains, causées par la cruauté et l’iniquité du système capitaliste mondial.

[1] Il existe un corpus d’environ 3 000 travaux publiés dans des revues internationales à comité de lecture, qui démentent le catastrophisme du GIEC.

[2] Le GIEC n’est pas un centre de recherche en climatologie et n’accomplit aucun travail scientifique propre, c’est une bureaucratie politique qui compile les travaux publiés par certains scientifiques, puis prétend les « résumer ». Son cahier des charges l’amène naturellement à privilégier les travaux traitant des changements climatiques anthropiques et à écarter ceux qui envisagent d’autres hypothèses basées sur les phénomènes naturels.

[3] En France, le record d’amplitude thermique sur une même journée est détenu par Minzac en Dordogne, avec un écart de 31°C

[4] Certains de ces exemples sont empruntés à François Gervais : « L’urgence climatique est un leurre », chez L’Artilleur

[5] Le vent a son rôle bien sûr : lorsque le vent tourne du Sud au Nord ou l’inverse, un écart de température de 10° à 15°C peut souvent être observé (F. Gervais, cf. supra).

[6] Y compris le Pape (grand expert devant Dieu) !

[7] Les principaux évènements météorologiques (tempêtes, ouragans, inondations,…) sur la planète sont dus aux deux grands systèmes météorologiques que sont El Niño et La Niña.